De tout un peu, pour alimenter sa réflexion sur l'organisation, la gestion du temps et l'efficacité, ainsi que les pratiques d'accompagnement.
Pour mieux faire et mieux être aussi.
Entre opportunités d'émancipation au démarrage et défis d'analyse systémique à mesure que l'entreprise grandit
Imaginez un monde où le contrôle a posteriori s'efface pour laisser place à une confiance absolue, où les lignes hiérarchiques fondent pour faire place à l'auto-organisation, et où chaque décision opérationnelle se prend au plus près du terrain, directement par celles et ceux qui font le travail.
Ce que pourrait être la réalité : vous arriviez le lundi matin au bureau pour vous entendre dire : « À partir d'aujourd'hui, il n'y a plus de chefs, plus d'horaires imposés, plus de fiches de poste, ni de validations à demander pour vos dépenses. Vous êtes totalement libres d'organiser votre travail comme vous l'entendez, du moment que cela sert nos clients. »
Quand l'absurdité organisationnelle et le vide fonctionnel interrogent le sens du travail réel
Qui n'a jamais croisé, au détour d'un couloir de bureau, ce collègue au visage grave, marchant d'un pas affairé un dossier sous le bras, ou tapotant frénétiquement sur son clavier avec l'air absorbé de celui qui sauve l'entreprise ?
Planifier le désastre parfait en 3 étapes pour mieux assainir le travail réel.
Il existe une convention tacite dans la plupart des réunions de lancement ou de bilan : tout le monde doit faire preuve d’un enthousiasme de bon ton. Lorsqu'on demande à une équipe « Comment allons-nous faire pour réussir ce projet ? », on obtient généralement un mélange de vœux pieux, de lieux communs (« renforcer la communication », « clarifier les rôles ») et une dose mesurée d'autocensure.
Au-delà de la compensation financière, prendre soin des hommes et des femmes face aux horloges biologiques
En cette rentrée de septembre 2016, la mise en œuvre progressive du Compte Personnel de Prévention de la Pénibilité (C3P) remet sur le devant de la scène la question du travail de nuit et des horaires postés (2x8, 3x8). Mais au-delà des débats comptables et des compensations financières, une réalité humaine s'impose : notre organisme n'a pas été conçu pour vivre à l'envers.
Méthodologie de l'action, article 7 - Les quatre étapes en un visuel : ce qu'on emporte, et ce qui suit
« Le discernement n'est pas un talent. On le développe, on l'entretient (et, parfois, on l'équipe). »
La série s'achève. Un dernier article n'a rien à ajouter : il sert à repartir avec l'essentiel. Deux livrables, donc : la carte de la démarche, promise au premier article, et ce qu'on emporte.
Publié en 1976 par le biologiste, chirurgien et neurophysiologiste Henri Laborit,Éloge de la fuite est un essai interdisciplinaire majeur qui applique la biologie des comportements et la sémiologie à l'analyse de l'être humain en société.
Laborit démontre que nos sociétés valorisent aveuglément la lutte et la soumission hiérarchique (ce qui conduit souvent à l'inhibition de l'action, source majeure de stress et de somatisation), alors que la fuite constitue en réalité un mécanisme de survie hautement intelligent pour préserver sa liberté et sa créativité.
Management et hiérarchies : Il éclaire les dérives de la compétition et invite à bâtir des environnements favorisant la coopération et l'autonomie plutôt que la subordination.
Communication et conflits : Sa grille d'analyse permet de décoder les postures défensives (agressivité, repli) comme des réactions face à une menace, favorisant une communication plus lucide.
Gestion du stress : En révélant les ravages de l'inhibition de l'action, il a fondé les bases de la prévention des risques psychosociaux en soulignant le besoin vital de marges de manœuvre.
Gestion du temps : Il invite à rompre avec l'agitation stérile et le pilotage par l'urgence pour redonner sa place au temps de décantation et de recul.
1. Ouverture et confrontation aux travaux récents
Si Laborit a ouvert la voie en reliant biologie et sociologie, les neurosciences affectives et cognitives contemporaines (ainsi que les recherches en psychologie de l'engagement ou en théorie des systèmes) ont complexifié son modèle.
Elles montrent aujourd'hui que les déterminismes biologiques ne sont pas de simples fatalités rigides, mais s'inscrivent dans une plasticité comportementale et des boucles de rétroaction culturelle plus dynamiques qu'il n'y paraissait dans les années 1970.
2. Ce qu'il en reste, cinquante ans après
À l'heure du culte de la performance continue, de l'infobésité et des injonctions managériales paradoxales, l'avertissement de Laborit résonne avec une force intacte.
Un demi-siècle plus tard, comprendre que la fuite ou l'inaction ne sont pas des faiblesses mais des actes de santé mentale et de survie systémique demeure d'une salutaire modernité.
Henri Laborit (1914 -1995) était un médecin chirurgien et neurobiologiste, il introduisit l'utilisation des neuroleptiques en 1951. Il était également éthologue (spécialiste du comportement animal), « eutonologue », selon sa propre définition (spécialiste du comportement humain) et philosophe.
Il s'est fait connaître du grand public par la vulgarisation des neurosciences, notamment en participant au film "Mon oncle d'Amérique" d'Alain Resnais.
Parmi ses nombreuses publications, on peut citer, pour ce qui est des plus accessibles d'entre elles :
"La Nouvelle grille" (1974), qui fait connaître ses idées sur la biologie comportementale au grand public
"Éloge de la fuite" (1976), qui en constitue une introduction accessible à tous
"Dieu ne joue pas aux dés" (1987)
Pour se procurer l'ouvrage
Henri Laborit, Éloge de la fuite - Édition originale : Éditions Robert Laffont, 1976
Méthodologie de l'action, article 6 - Quand on ne peut pas compter sur soi : les garde-fous
« Les virages des routes de montagne ne sont pas protégés parce que les conducteurs sont mauvais. Ils sont protégés parce que les conducteurs sont humains. »
Voici sans doute l'article le plus facile à écrire de la série, et le plus difficile à entendre :
Facile, car il ne demande aucun effort conceptuel : pas de thèse, pas de renversement.
Difficile, car il demande une chose que toute notre culture du métier, de la performance et de l'héroïsme professionnel nous déconseille : admettre qu'il y a des moments où l'on ne peut pas compter sur soi.