Le lundi matin obéit souvent à une liturgie bien rodée : l'ouverture rituelle des tableurs, la réorganisation minutieuse des cellules et ce soin quasi artistique à aligner les chiffres pour que les indicateurs restent au vert. Tout le monde s'y emploie avec une rigueur exemplaire, jusqu'au moment où une question vient rompre le charme : produit-on de la valeur, ou alimente-t-on simplement une illusion de contrôle ?
Conçu à l'origine comme une boussole pour éclairer les décisions, le reporting a peu à peu dévié vers une bureaucratie autocentrée. On mesure désormais ce qui se compte facilement plutôt que ce qui compte réellement, transformant l'outil en une fin en soi. Les observateurs des organisations décrivent bien ce phénomène où la mesure éclipse le terrain.




