Petit éloge de la procrastination horaire et de la résistance passive au changement d'heure.
Chaque dernier dimanche d'octobre, c'est le même rituel invisible. Alors que la nuit tombe une heure plus tôt et que le corps accuse le coup, nos foyers se scindent immédiatement en deux camps irréconciliables face à une même énigme : faut-il tout régler tout de suite ?
Quand on observe les comportements des uns et des autres, c'est intéressant de voir se dessiner des catégories. J'imagine que chacun se reconnaîtra.
Faites-vous partie des rectificateurs compulsifs ?
À peine le café avalé ce dimanche-là, armés d'une rigueur implacable, ils traquent la moindre source temporelle de la maison. Le four, le micro-ondes, l'horloge du salon, le réveil du petit dernier, la montre et le tableau de bord de la voiture : rien ne leur échappe.
Pour eux, il semblerait que tolérer un affichage erroné équivaut à accepter le chaos. C'est l'expression d'un besoin viscéral d'alignement et de contrôle face aux soubresauts du calendrier.
Ou bien faites-vous partie des résistants de l'ombre ?
Chez eux, le réveil du salon affichera l'heure d'été jusqu'aux premières lueurs de mai. Quant au four, on apprend à retrancher mentalement une heure en enfourchant un gratin.
Mention spéciale, bien sûr, aux irréductibles de l'horloge de la voiture (dont je fais partie).
Ils vivent toute la saison froide dans un fuseau spatio-temporel parallèle. Pourquoi s'infliger la manipulation de boutons récalcitrants au fond d'un habitacle gelé, alors qu'il suffit d'attendre... pour que l'aiguille se retrouve par miracle à nouveau dans le vrai ? C'est de la gestion de crise par l'inertie, une magnifique démonstration de rationalité appliquée.
Ce ne sont pas nécessairement des étourdis ; ce sont souvent des pragmatiques. Pourquoi s'échiner à reprogrammer des interfaces hermétiques quand le téléphone mobile, lui, s'est mis à jour tout seul avec la morgue des objets connectés ?
Au fond, ce petit test de la pendule en dit long sur notre manière d'habiter le temps. Sommes-nous des horlogers soucieux du moindre rouage, ou des voyageurs tolérants qui savent composer avec les décalages du monde ?
Et vous ?
- Octobre - la France à l'heure d'hiver
- Faut-il se préparer au changement d'heure ?
- Heure d'été : et si on économisait aussi nos batteries cognitives ?
- Dimanche 29 mars 2015 : passage à l'heure d'été
- Changement d'heure : l'opportunité de se recaler et de s'écouter.
- 25 octobre - c'est l'heure d'hiver !

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