Analyser des processus avec l'ordinogramme
Quand il s'agit de processus, on pourra utilement recourir à un ordinogramme (plus communément appelé organigramme de programmation, diagramme de flux ou flowchart dans le monde anglo-saxon), outil qui nous vient de l’informatique et destiné à l’origine à décrire la structure et le déroulement d’un programme. Dans une démarche de résolution de problèmes, il peut être utilisé à la fois à l'étape de formulation du problème et à la fois à l'étape de recherche des causes.
En dehors de son utilité, évidente, il produit de beaux schémas.
Objectifs
Dans un processus, mettre en évidence l’ordre des actions, les dépendances entre tâches et les flux d’information.
Issu du monde de l'informatique (pour la construction des programmes, avec leurs suites d'actions déterminées par des tests logiques), l'ordinogramme s'avère souvent utile pour décrire des processus.
Si on le détourne de sa fonction première, on s'aperçoit qu'il est très utile pour décortiquer la façon dont sont prises des décisions.
Dans sa forme la plus simple, un ordinogramme illustre une suite d’étapes reliées par des flèches indiquant les relations temporelles et les conditions de passage d'un étape à une autre (tests pour passer à l'action suivante).
Déroulement
Concevoir un ordinogramme efficace nécessite une approche un peu structurée.
- Définir l’objectif et le périmètre
Avant toute chose, clarifiez ce que vous souhaitez représenter et pourquoi. Définissez les limites du processus, les résultats attendus et les mesures de réussite. - Identifier les acteurs, les données et les interdépendances
Recensez les acteurs impliqués, les ressources nécessaires et les données clés. Identifiez les dépendances: quelles tâches dépendent d’autres? Quelles conditions doivent être réunies pour passer à l’étape suivante ? - Définir les règles et les conditions de passage
Équilibrez les conditions de passage entre les étapes: les tâches peuvent-elles être exécutées en parallèle? Quelles sont les déclencheurs et les exceptions? - Structurer le diagramme et choisir la notation
Choisissez une notation adaptée à votre contexte: flèches simples pour les dépendances, boîtes pour les tâches, losanges pour les décisions et les conditions. - Tester et se mettre d'accord avec les parties prenantes
Présentez une version préliminaire du diagramme aux personnes concernées et recueillez leurs retours. Testez le modèle sur des scénarios réels et ajustez en conséquence.
Cela donne des représentations qui ressemblent à ça :
Points de vigilance
- On repérera précisément le point d’entrée et le point de sortie de l’ordinogramme en se calant sur une date ou un événement précis (ex : transmission d’un document, d’une information, réalisation d’un service intermédiaire…), ou le démarrage d’un flux.
- Impliquer les intéressés dès le début pour s’assurer que le diagramme reflète la réalité opérationnelle.
- Rester concis et privilégier la simplicité
- Utiliser des conventions de notation cohérentes et documenter leur signification pour tous les lecteurs. Sans mode d'emploi, votre ordinogramme risque d'être mal compris.
Quelques mots sur l'origine de la méthode
Né dans les années 1920 sous l'impulsion des pionniers du génie industriel Frank et Lillian Gilbreth, le diagramme de flux trouve ses premières applications dans l'optimisation des procédés de fabrication.
Il bascule véritablement dans l'ère informatique dans les années 1940-1950, lorsque Herman Goldstine et John von Neumann l'adoptent pour concevoir et documenter la logique algorithmique des premiers calculateurs.
Afin d'éviter la prolifération de notations anarchiques, l'ANSI et l'ISO normalisent définitivement ses formes géométriques dans les années 1960.
Longtemps perçu comme le plan d'architecte du code, l'ordinogramme reste aujourd'hui un outil universel pour modéliser visuellement des logiques de décision et des processus métier.
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Autres sources et références
- En savoir plus : L'ordinogramme sur Wikipedia


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