Et si repousser une tâche était parfois un acte d'arbitrage lucide ? Réflexion sur la procrastination stratégique, le temps d'incubation et la résistance au stakhanovisme.
Un vendredi, 17 h 45. Le téléphone sonne. Un collaborateur en détresse vous alerte sur un « problème majeur et ultra-urgent » qui nécessite de revoir de fond en combler un dossier d'ici lundi matin. Pris d'un élan de culpabilité, vous vous préparez à gâcher votre fin de semaine. Puis, un éclair de lucidité vous traverse : vous fermez l'ordinateur. Le lundi à 9 h 15, un mail laconique arrive dans votre boîte : « Finalement c'est bon, le client a changé d'avis, ne tiens plus compte de mon message. »