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Heure d'été : et si on économisait aussi nos batteries cognitives ?


Ce dimanche 26 mars 2023, à 2 heures du matin, il sera officiellement 3 heures. 

Nous allons donc collectivement perdre une heure de sommeil, dans un grand élan de synchronisation nationale orchestré depuis des décennies pour une noble cause initiale : grappiller des kilowatts-heure en faisant coïncider nos heures d'activité avec la lumière naturelle.

Voilà plus d'une décennie que nous disséquons sur ce blog les soubresauts de ce marronnier printanier.

Et si l'objectif énergétique originel se discute aujourd'hui à l'aune de nos nouveaux modes de vie, ce rituel a au moins le mérite de nous tendre un miroir un peu particulier. Il met en lumière une contradiction fascinante : nos sociétés sont capables de mobiliser des directives continentales pour réguler l'énergie de nos ampoules, mais continuent de malmener l'énergie vitale de ceux qui les font briller.

1. Entre sobriété énergétique et surrégime cognitif


Ne jetons pas trop vite la pierre aux concepteurs du changement d'heure : l'intention de départ — optimiser nos consommations et faire preuve de sobriété — est éminemment louable, et résonne d'ailleurs curieusement avec les défis actuels d'efficacité et de gestion des ressources.

Le vrai problème n'est donc pas que l'on cherche à ajuster nos cadrans. Le problème, c'est le grand écart permanent entre la rigueur avec laquelle nous pilotons nos compteurs externes et le mépris total avec lequel nous traitons nos compteurs internes.

Dans les entreprises, le passage à l'heure d'été est souvent absorbé par un simple haussement d'épaules. Le lundi matin, les open spaces s'emplissent de collaborateurs fatigués qui compensent leur décalage biologique à coups de cafés, enchaînant les réunions en flux tendu comme si de rien n'était. Nous programmons des économies de kilowatts-heure tout en organisant le gaspillage de nos ressources cognitives dans des plannings sur-pressurisés.

2. Et si on profitait du changement d'heure pour réajuster le curseur ?


Puisque ce week-end nous invite précisément à repenser notre rapport aux flux et à la consommation, faisons-en un clin d'œil pour revisiter notre propre équilibre :

  • Relier la sobriété des kilowatts à celle des agendas : Économiser l'énergie de la planète commence aussi par cesser de fonctionner en surrégime permanent. Si une heure de sommeil en moins nous met à genoux, c'est que nos marges de manœuvre intérieures sont réduites à portion congrue.
  • Écouter le réel plutôt que l'injonction : La nature s'ajustera au printemps bien avant que nos montres ne soient à l'heure. Inspirons-nous de cette régulation progressive : moins d'agitation stérile, plus de respiration.
Et si on profitait du changement d'heure pour réajuster le curseur ?Allégeons la pression de ce lundi de rentrée décalée. Un pilotage intelligent de l'action vaut toutes les modifications d'horaires du monde.

En conclusion


Alors, continuera-t-on longtemps à avancer ou reculer nos montres de soixante minutes deux fois par an ? Les débats européens continuent de s'étirer en longueur. Mais en attendant que nos technocrates s'accordent, la vraie transition énergétique se joue aussi à l'échelle de nos bureaux : apprendre à conjuguer performance, respect des rythmes biologiques et efficacité soutenable.

Bon dimanche à tous... et profitez bien de votre heure de sommeil en moins pour méditer sur l'art d'économiser nos plus précieuses ressources !


📚 Ce billet vient compléter notre collection de chroniques printanières sur le temps, à relire entre deux tasses de café :

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