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Bonnes feuilles : Déjouer la procrastination pour réussir et survivre à vos études (Frédérick Dionne, Joël Gagnon et Guillaume Raymond)

 

Déjouer la procrastination pour réussir et survivre à vos études

Soyons honnêtes dès les premières lignes : j'ai mis près de quatre ans à écrire cet article sensé vous présenter cet ouvrage...

L’ironie est belle, mais assumer ses faiblesses fait aussi partie de la démarche pragmatique. Plutôt que de repousser indéfiniment cet article en attendant le « bon moment » écrire, j’ai préféré appliquer le principe même de l’ouvrage : passer à l’action.

Ce livre, c’est « Déjouer la procrastination pour réussir et survivre à vos études », écrit par Frédérick Dionne, Joël Gagnon et Guillaume Raymond (publié aux Presses de l'Université du Québec). En ces temps de rentrée scolaire et  universitaire, je me suis dit que c'était l'opportunité idéale pour vous présenter ce livre.


Derrière un titre ciblé sur le monde académique se cache une grille de lecture redoutablement efficace pour quiconque lutte avec le report systématique des tâches — étudiants, managers ou consultants chevronnés.

Le piège de l’agenda parfait

Pendant des années, on nous a expliqué que procrastiner était un problème d’organisation : mauvaise gestion du temps, to-do list mal calibrée ou manque de discipline.

C’est faux. Ou du moins, très incomplet.

La thèse centrale de l’ouvrage rappelle une réalité que les outils d'efficacité omettent souvent : la procrastination n’est pas une panne d’agenda, c’est une stratégie d’évitement émotionnel.

On ne reporte pas la rédaction d'un rapport ou d'un mémoire parce qu'on manque d'heures dans sa journée. On le reporte pour fuir l'inconfort immédiat qu'il suscite :

  • La peur de mal faire (le piège du perfectionnisme) ;
  • Le sentiment d'incompétence face à la complexité ;
  • Ou tout simplement la perspective d'un ennui mortel.

Ajouter une matrice d'Eisenhower ou un nième minuteur sur un problème d'anxiété ou de doute revient à poser un pansement sur une jambe de bois.

Changer de levier : l'approche par la flexibilité psychologique

Appuyé sur la thérapie d'acceptation et d'engagement (ACT), approche que j'ai découverte à cette occasion, l'ouvrage propose un changement de méthode en quatre points :

  • Reconnecter au sens plutôt qu’à l’obligation : Remplacer le « Il faut que je fasse » par la clarification de la valeur sous-jacente. Pourquoi cette tâche compte-t-elle, au-delà de la contrainte ?
  • Pratiquer la défusion cognitive : Apprendre à observer ses propres prétextes (« Je serai plus frais demain matin », « Il me faut d'abord classer mes mails ») sans obligatoirement y obéir.
  • Apprivoiser l’inconfort : Accepter que travailler n'est pas toujours agréable et que la frustration fait partie de l'apprentissage et de la production.
  • Miser sur le micro-engagement : Découper la montagne en cailloux tellement petits que le cerveau ne perçoit plus de menace (travailler 10 minutes, écrire trois lignes, ouvrir un fichier).

Ce qu’on peut en retirer pour le monde du travail

Si le manuel vise prioritairement le public universitaire, les mécanismes décrits sont strictement les mêmes dans les organisations. La surcharge perçue, la crainte du jugement des pairs et la recherche frénétique d'activités de substitution (« le ménage de secours » ou l'enfer du traitement des e-mails) touchent tous les professionnels.

Un petit ouvrage pragmatique à mettre entre toutes les mains — surtout celles de ceux qui prétendent ne jamais avoir le temps de lire. Si vous êtes étudiant, il vous sera sans aucun doute d'un grand secour.

Lien vers le livre : Déjouer la procrastination pour réussir et survivre à vos études — Presses de l'Université du Québec

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