Septembre est là, les vacances s'achèvent et le marathon annuel s'apprête à redémarrer. Entre l'envie de prolonger l'été et la pression de la reprise, comment aborder ce virage sans dissiper son tonus dès la première semaine ? Éléments de réponse et méthode avec ce retour sur l'un de nos billets devenu un classique.
Note de l'éditeur (2026)
En septembre 2013, nous abordions dans ces colonnes ce moment si particulier où le rythme estival laisse place au marathon de la rentrée. À l'époque, il s'agissait déjà de négocier le passage d'un « état » à un autre et de réussir son retour aux affaires sans y laisser son tonus.Treize ans plus tard, le paysage du travail a bien changé : généralisation du télétravail, multiplication des canaux de communication en temps réel (Teams, Slack, etc.) et porosité accrue entre vie professionnelle et vie personnelle. Si l'on ne « déconnecte » plus tout à fait de la même manière qu'en 2013, le constat de fond reste le même : la rentrée agit comme un véritable choc de rythme.Retour sur un texte paru il y a treize ans… dont les repères méthodologiques et la grille de lecture n'ont pas vieilli.
Rentrer ou entrer encore (l'article original) ?
Aujourd'hui, nous sommes au début du mois de septembre. Il n'a échappé à personne que la vie reprend son rythme habituel et que les entreprises se repeuplent tranquillement. La rentrée scolaire se profile, les villes retrouvent leur effervescence et les agendas se remplissent à vue d'œil.
Chaque année, c'est le même paradoxe : l'anxiété du retour aux affaires le dispute à une certaine satisfaction — pas toujours avouée — de retrouver ses repères. J'ai déjà abordé ce sujet, de manière anecdotique, dans un précédent post : Rentrée - 12 points clés pour bien la négocier et gérer les écueils. Je vous propose maintenant d'aller un peu plus loin.
La rentrée des paradoxes
- L'anxiété de la reprise, bien sûr, car c'est la perspective de la charge de travail accumulée, des délais à respecter, des réorganisations de rentrée et du retour dans un environnement parfois exigeant ou chronophage. Qu'a-t-il pu se passer durant mon absence ? Qu'est-ce qui m'attend sur mon bureau ou dans ma boîte de réception ?
- La satisfaction, aussi, car nombreux sont ceux qui ont du mal à se départir d'un sentiment de culpabilité lorsqu'ils décrochent complètement. C'est tellement vrai qu'il faut souvent plusieurs jours pour réussir à se mettre réellement en mode « vacances ». Et à peine y parvient-on qu'il faut déjà revenir.
Pour certains, la fin de la trêve estivale est même un soulagement après des vacances ultra-chargées qui les laissent au bord de l'épuisement. Pour ceux-là, la reprise au bureau devient presque le moment de récupérer !
Gérer le changement d'état
Que se passe-t-il réellement à la rentrée ? Elle marque un changement d'état. On reste la même personne, mais le rôle joué, les contraintes subies et les résultats attendus changent brutalement. C'est une transition que nous avons expérimentée des dizaines de fois, mais qui reste délicate car toutes nos rentrées passées n'ont pas forcément laissé d'excellents souvenirs.
Pour aborder ce virage sans dissiper en 48 heures le bénéfice de la pause estivale, voici quelques leviers d'action simples et pragmatiques :
Aménager une zone de transition : Se laisser un à deux jours de battement ou d'adaptation pour reprendre pied avant de charger son agenda de rendez-vous extérieurs ou de réunions marathons.
Changer de rythme en douceur : Conserver un peu de l'esprit de l'été chez soi (horaires, promenades, lectures) pour éviter le sentiment de rupture brutale.
Faire le point avant d'agir : Rafraîchir sa vision globale des dossiers et cerner les vraies priorités plutôt que de sauter sur la première urgence venue.
Renouer le contact avec l'équipe : Prendre le temps d'échanger de vive voix avec ses collègues pour prendre le pouls et recréer du lien avant de plonger dans le traitement des dossiers.
Profiter de l'élan pour une revue de mi-parcours : La rentrée est le moment idéal pour réajuster ses objectifs de l'année et questionner ses modes d'organisation - pour en savoir plus sur le sujet, je vous recommande la lecture cet article : Comment et pourquoi faire une revue de mi-année
Résister à la tentation des heures à rallonge : Partir tard les soirs de reprise pour « épurer le retard » est le meilleur moyen d'épuiser son capital énergie dès la première semaine.
Éviter les décisions définitives à chaud : La reprise est le pire moment pour trancher sur un coup de tête ou réagir sous le coup de l'émotion.
Dompter la boîte de réception : Face à la montagne d'e-mails accumulés, appliquez un tri méthodique :
- Isolez les messages dont vous êtes le destinataire direct et unique.
- Déplacez les copies (Cc) et newsletters dans un dossier « À lire si j'ai le temps ».
- Ne traitez dans un premier temps que ce qui est à la fois important et urgent.
- Faites confiance au temps : si un sujet secondaire est vraiment critique, votre interlocuteur saura vous relancer une fois votre rythme de croisière retrouvé.
Anticiper le retour avant de partir : La meilleure façon de réussir sa rentrée reste encore de bien la préparer avant son départ en vacances.
En 2013 comme aujourd'hui, les recettes miracles n'existent pas.
En revanche, un point a profondément évolué : la pression de l'immédiat. Avec la multiplication des notifications et des outils collaboratifs, la tentation de se jeter dans l'urgence dès le premier jour est encore plus forte qu'il y a dix ans.
Peut-être un agent IA bien configuré vous permettra peut-être de mieux trier les e-mails urgents et automatiser d'autres processus propres à votre activité. C'est déjà beaucoup, mais il n'y a pas de miracle.
Pourtant, la rentrée offre une opportunité rare : un moment de fraîcheur intellectuelle où l'on dispose de toutes ses facultés pour poser un regard neuf sur son organisation. Plutôt que de subir la reprise comme une course d'obstacles, autant l'utiliser comme un levier pour reprogrammer ses priorités et réinterroger ses habitudes de travail.
Après tout, souvenez-vous que vous n'êtes pas le seul dans ce cas : vos collaborateurs, clients et interlocuteurs ont eux aussi besoin de ce temps de calage !
Et vous ?
Quelle est votre règle d'or ou votre rituel pour ne pas vous faire submerger dès la première semaine de septembre ? Partagez vos retours d'expérience dans les commentaires !
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire