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Peut-on déléguer son système d'organisation à la voix ?


Google Assistant, Alexa, Siri... Les assistants vocaux quittent peu à peu le domaine du gadget. Peuvent-ils réellement nous aider à nous organiser, gérer nos tâches et alléger notre charge mentale ?

Il y a quelques jours, j'ai parlé à ma liste de tâches. Je tiens à préciser que cela s'est passé dans le cadre d'une expérience professionnelle parfaitement respectable...

Je marchais dans la rue lorsqu'une idée de formation m'est venue.

Habituellement, deux scénarios sont possibles.

  • Premier scénario : je me dis que c'est une excellente idée et que je m'en souviendrai forcément.
  • Deuxième scénario : trois heures plus tard, je suis incapable de me rappeler ce que cette excellente idée pouvait bien être.

J'ai donc tenté une troisième approche.

J'ai simplement dit à mon téléphone : « Rappelle-moi d'ajouter un module sur la gestion des interruptions dans ma prochaine formation. »

Quelques secondes plus tard, la tâche était enregistrée. Sans sortir le téléphone de ma poche. Sans ouvrir une application. Sans taper un seul caractère.

Et je dois reconnaître que c'était plutôt agréable.

1. La promesse des assistants vocaux

Depuis quelques années, nous voyons apparaître un nombre croissant d'assistants vocaux.

  • Siri chez Apple.
  • Google Assistant.
  • Alexa chez Amazon.
  • Microsoft poursuit également ses expérimentations autour des interfaces conversationnelles.

Jusqu'à récemment, beaucoup de démonstrations ressemblaient à ceci :

« Quel temps fera-t-il demain ? »

« Joue-moi du jazz. »

« Raconte-moi une blague. »

Sympathique, mais pas révolutionnaire.

Depuis quelque temps, les usages commencent à évoluer.

La question n'est plus seulement :

« Que peut faire un assistant vocal ? »

Mais plutôt :

« Quelle partie de mon organisation personnelle puis-je lui confier ? »

2. Le problème de la capture des idées

Dans mes formations sur l'organisation personnelle, je rencontre souvent le même problème.

Les idées apparaissent rarement au bon moment.

  • Une tâche à ne pas oublier.
  • Un message à envoyer.
  • Une réflexion à approfondir.
  • Une question à poser à un client.

Ces informations surgissent :

  • dans les transports ;
  • au volant ;
  • en marchant ;
  • entre deux rendez-vous ;
  • parfois même sous la douche.

Le principal défi n'est pas de les organiser, mais plutôt de les capturer avant qu'elles disparaissent.

Or la voix est probablement le mécanisme de capture le plus naturel dont nous disposons.

Parler demande moins d'effort que déverrouiller un téléphone, choisir une application, créer une note et saisir du texte.

3. La réduction des micro-frictions

Le mérite principal de ces assistants n'est peut-être pas leur intelligence.

Il est peut-être leur capacité à réduire les frictions.

Nous sous-estimons souvent le coût des petites actions.

  • Ouvrir une application.
  • Chercher le bon menu.
  • Choisir la bonne liste.
  • Créer une nouvelle tâche.
  • Attribuer une catégorie.
  • Ajouter une date.

Pris séparément, ces gestes sont insignifiants. Multipliés par plusieurs dizaines de fois par jour, ils deviennent perceptibles. Lorsque nous réduisons ces petites barrières, certaines habitudes deviennent plus faciles à maintenir.

Et en matière d'organisation personnelle, la facilité compte énormément.

4. Peut-on vraiment déléguer son système d'organisation ?

Je crois que la réponse est non, ou du moins pas entièrement.

Un assistant vocal peut enregistrer une tâche :

  • Créer un rappel.
  • Ajouter un rendez-vous.
  • Lancer une minuterie.
  • Noter une idée.

Mais il ne décide pas à votre place :

  • Il ne définit pas vos priorités.
  • Il ne clarifie pas vos objectifs.
  • Il ne choisit pas ce qui mérite votre attention.

En d'autres termes, il remplace assez bien le secrétaire, mais beaucoup moins le manager.

5. La vraie question : quelle énergie voulons-nous économiser ?

Depuis plusieurs mois, j'écris beaucoup sur la fatigue décisionnelle et l'énergie mentale.

Plus j'observe les systèmes d'organisation, plus je remarque un phénomène : les personnes efficaces ne cherchent pas nécessairement à faire davantage de choses. Elles cherchent souvent à dépenser moins d'énergie sur les tâches répétitives :

  • Noter une information.
  • Créer un rappel.
  • Retrouver une note.
  • Programmer une alerte.

Ces activités sont nécessaires, mais elles n'apportent généralement pas beaucoup de valeur en elles-mêmes.

Si une interface vocale peut m'éviter quelques dizaines de manipulations chaque jour, je suis preneur.

Non pas parce que je gagne énormément de temps, mais parce que je préserve un peu d'attention.

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En conclusion, ce qui m'intéresse vraiment


Je ne suis pas convaincu que nous parlerons à nos ordinateurs toute la journée d'ici cinq ans.

En revanche, je pense que l'interaction vocale va s'installer durablement pour certaines tâches spécifiques : la capture rapide, les rappels, les listes, les rendez-vous, les informations contextuelles.

Bref, toutes ces petites actions administratives qui encombrent nos journées.

Et c'est peut-être là le paradoxe :

  • La révolution des assistants intelligents ne consistera peut-être pas à faire des choses extraordinaires.
  • Elle consistera peut-être simplement à rendre invisibles quelques tâches ordinaires.

Comme souvent en productivité, les plus grands gains viennent rarement des innovations les plus spectaculaires. Ils viennent souvent des petites frictions que l'on parvient enfin à éliminer.



Pour aller plus loin

Si vous utilisez déjà un système de listes de tâches ou un agenda numérique, faites une expérience pendant une semaine : chaque fois qu'une idée vous vient à l'esprit en déplacement, essayez de la capturer à la voix plutôt qu'au clavier.

Puis comparez - pas seulement le temps gagné - mais surtout l'effort économisé.

C'est souvent là que se trouve la véritable différence.

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