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Histoire du mois de septembre

N euvième mois de notre calendrier actuel, il tire son nom du latin "september", qui désignait la septième place qu'il occup...

Chronobiologie, attention et travail du savoir

Chronobiologie

Sommeil, rythmes biologiques, attention, apprentissage : et si notre efficacité dépendait davantage de notre énergie cognitive que de notre système d'organisation ? Une réflexion à la lumière des recherches récentes sur les rythmes circadiens.

Je prolonge ici un article où j'avais esquissé une réflexion sur le sommeil : "Et si le meilleur outil de productivité était... le sommeil ?A la lumière de recherches récentes en chronobiologie, je me suis dit qu'il serait intéressant de creuser le sujet.

Pour introduire l'article, laissez-moi vous faire part d'un retour d'expérience interpellant

Pour ne pas changer de bonnes habitudes, j'ai testé plusieurs méthodes d'organisation ces derniers mois.

En gros, j'ai :

  • Changé la structure de mes listes de tâches.
  • Réorganisé mes dossiers.
  • Modifié mon agenda.
  • Déplacé des blocs de travail.
  • Essayé une nouvelle application.
  • Puis une autre.
  • Puis, parce qu'il faut bien vivre dangereusement, une troisième.

Le résultat ?

Quelques améliorations intéressantes, mais également une découverte embarrassante : la meilleure semaine de travail n'a pas été celle où j'avais trouvé l'application parfaite, mais celle où j'avais simplement bien dormi.

Je sais, c'est décevant, nous préférerions tous apprendre qu'un système complexe de codes couleur et de tableaux croisés dynamiques permet de décupler nos capacités intellectuelles.

La réalité semble un peu moins glamour.

Une étrange observation

J'ai remarqué un phénomène curieux :

  • Le lundi matin, après une bonne nuit de sommeil, je peux rédiger un article, préparer un cours, répondre à plusieurs messages complexes et avancer sur un projet.
  • Le jeudi soir, après plusieurs journées chargées, je suis parfois capable de passer dix minutes à chercher un document qui se trouve exactement à l'endroit où je l'avais rangé.

Le document n'a pas changé de place, mais mon cerveau, en revanche, n'est plus tout à fait le même.

Pendant longtemps, j'ai considéré cela comme un problème de discipline. Aujourd'hui, je commence à me demander si c'est surtout un problème biologique.

Ce que nous apprend la chronobiologie

L'année dernière, le prix Nobel de médecine a récompensé les travaux de Jeffrey C. Hall, Michael Rosbash et Michael W. Young sur les mécanismes moléculaires qui contrôlent les rythmes circadiens. Ces recherches montrent que nos organismes disposent d'une véritable horloge biologique qui influence le sommeil, la température corporelle, les hormones et de nombreuses fonctions physiologiques. [nobelprize.org], [nobelprize.org]

Autrement dit :

Nous ne sommes pas conçus pour fonctionner avec exactement le même niveau d'attention à chaque heure du jour et de la nuit.

Cela paraît évident. Pourtant, nos systèmes d'organisation reposent souvent sur l'hypothèse inverse.

Nous prévoyons nos journées comme si notre énergie était constante, comme si une heure de travail à 9 h du matin valait exactement une heure de travail à 22 h.

Mon expérience personnelle me pousse à penser que ce n'est pas le cas, tt les recherches récentes semblent aller dans le même sens.

Le grand malentendu de la productivité

Lorsque nous n'arrivons pas à nous concentrer, notre premier réflexe consiste souvent à chercher une nouvelle méthode, un nouvel outil, une nouvelle application, une nouvelle technique.

Je suis bien placé pour le savoir : j'adore les outils d'organisation (en même temps, c'est quand même ce qui me fait vivre...).

Mais je commence à soupçonner que nous essayons parfois de résoudre un problème énergétique avec une solution organisationnelle. C'est un peu comme vouloir améliorer l'autonomie d'une voiture en changeant la police de caractères du tableau de bord.

L'intention est louable mais l'effet est limité.

Le lien oublié avec l'apprentissage

Comme on pouvait un peu s'en douter, ce sujet touche également à l'apprentissage.

Depuis quelques années, les recherches sur la répétition espacée et les méthodes d'apprentissage efficaces gagnent en popularité, mais même les meilleures techniques ont besoin d'une matière première : l'attention.

Un cerveau fatigué :

  • Apprend moins bien.
  • Retient moins.
  • Récupère moins facilement les informations stockées.

Les chercheurs soulignent d'ailleurs l'importance du sommeil dans les mécanismes liés à la mémoire et aux apprentissages. Les perturbations du sommeil et des rythmes circadiens sont également étudiées pour leur impact sur les performances cognitives et la santé. [thelancet.com], [nobelprize.org]

Autrement dit, une partie de la réussite de nos méthodes de travail commence probablement la veille au soir.

L'ennemi inattendu : la surcharge numérique

C'est là qu'un autre sujet de 2018 entre en scène.

De plus en plus d'études et de rapports évoquent les effets du monde numérique sur notre bien-être, notre stress et notre capacité de concentration. Le Pew Research Center note que les questions liées à la surcharge informationnelle, à l'environnement « always-on » et à l'attention occupent désormais une place importante dans les débats sur le numérique. [pewresearch.org], [assets.pew...search.org]

Nous passons nos journées à protéger notre temps. Peut-être faudrait-il aussi protéger notre énergie mentale, car ce n'est pas seulement une question de durée.

Après une journée de sollicitations permanentes, de messages, d'e-mails et de changements de contexte, notre cerveau n'est plus tout à fait dans le même état.

Et cela se paie souvent le soir, lorsque nous entreprenons enfin le travail qui demandait de la réflexion.

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Une conclusion provisoire


J'aime toujours les agendas, je continuerai probablement à tester des méthodes, et je ne vais certainement pas arrêter d'écrire sur l'organisation personnelle.

Mais je crois que quelque chose est en train de changer : pendant des années, nous avons considéré la productivité comme un problème d'organisation - aujourd'hui, je me demande si elle n'est pas d'abord un problème de gestion de l'énergie cognitive.

Dormir suffisamment, respecter ses périodes naturelles de vigilance, préserver son attention, limiter les sollicitations inutiles, créer des conditions favorables à l'apprentissage... Tout cela paraît moins spectaculaire qu'une nouvelle méthode révolutionnaire, mais il se pourrait bien que ce soit plus efficace.

Et j'avoue que cette conclusion m'agace un peu.

Parce qu'il est beaucoup plus amusant de télécharger une nouvelle application que d'aller se coucher plus tôt.


Sources

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