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Histoire du mois de septembre

N euvième mois de notre calendrier actuel, il tire son nom du latin "september", qui désignait la septième place qu'il occup...

Faut-il mesurer son temps d'écran ?

 

L'autre jour, j'ai vu quelqu'un consulter son téléphone... pour savoir combien de temps il avait passé à consulter son téléphone.

J'avoue avoir trouvé la scène savoureuse.

Cela ressemble un peu à quelqu'un qui monterait sur une balance toutes les dix minutes pour vérifier si son régime fonctionne.

Mais cette petite scène est révélatrice d'une nouveauté de l'année 2018.

Pour la première fois, les géants de la technologie commencent à nous proposer des outils permettant de mesurer notre utilisation des écrans.

Pendant des années, les fabricants se sont surtout préoccupés de rendre leurs appareils plus rapides, plus puissants et plus attractifs. Aujourd'hui, ils semblent découvrir que certains utilisateurs aimeraient aussi savoir combien de temps ils passent dessus.

Curieuse époque.

Une question que nous ne nous posions pas

Il y a quelques années encore, personne ne disait :

« J'ai passé 2 h 43 sur mon smartphone aujourd'hui. »

D'abord parce que personne ne le savait, et ensuite parce que la question paraissait étrange.

On demandait combien de temps on travaillait, combien de temps on dormait ou combien de temps durait un trajet, pas combien de temps on regardait un écran.

Les choses ont changé progressivement. Le smartphone est devenu un agenda, une carte routière, un lecteur de musique, un appareil photo, un terminal bancaire, un journal, une télévision, une console de jeu...

Et parfois même un téléphone !

Dès lors, il devenait difficile d'évaluer la place qu'il occupait réellement dans nos journées.

Le chiffre qui fait peur

J'ai observé un phénomène amusant chez plusieurs personnes ayant activé ces outils de suivi : elles ne regardent pas le résultat avec curiosité, elles le regardent avec appréhension.

Un peu comme un étudiant consultant les résultats d'un examen dont il n'est pas totalement satisfait.

« Voyons voir... » puis : « Ah quand même... »

Le chiffre agit comme un révélateur.

Nous découvrons parfois que de nombreuses petites consultations dispersées au cours de la journée représentent un volume bien plus important qu'imaginé.

  • Cinq minutes dans une file d'attente.
  • Trois minutes dans le métro.
  • Quelques instants avant une réunion.
  • Un coup d'œil avant de dormir.

Pris séparément, ces moments paraissent insignifiants. Additionnés, ils racontent une autre histoire.

Mais le temps d'écran est-il vraiment le problème ?

Instruit par l'expérience, je me méfie des indicateurs trop simples.

Supposons qu'une personne passe trois heures devant son écran à préparer un cours.

Supposons qu'une autre passe trois heures à faire défiler machinalement des contenus qu'elle oubliera le lendemain.

Le temps affiché est identique, mais on voit bien que les deux situations n'ont rien à voir.

Mesurer est utile.

Encore faut-il mesurer la bonne chose : le nombre d'heures passées devant un écran est probablement moins intéressant que la façon dont nous les utilisons.

Le problème n'est peut-être pas la présence de l'écran.

Le problème est ce qu'il remplace : le sommeil ? Une conversation ? Une activité physique ? Une séance de lecture ?

Ou rien du tout ?

Le retour d'une vieille idée

Ce qui me frappe dans cette histoire, c'est qu'elle ramène finalement à une question ancienne.

Depuis toujours, les méthodes d'organisation personnelle reposent sur une idée simple :

Ce que l'on mesure devient visible.

  • Nous comptons nos dépenses.
  • Nous suivons nos tâches.
  • Nous notons nos rendez-vous.
  • Nous contrôlons nos objectifs.

Le temps d'écran n'échappe pas à cette règle. Le simple fait de le rendre visible modifie déjà notre comportement, pas forcément de façon spectaculaire, mais suffisamment pour nous faire réfléchir.

Une expérience à tenter

Pendant une semaine, regardez simplement les statistiques fournies par votre téléphone, sans culpabilité, sans objectif ni résolution grandiose - simplement avec curiosité.

  • Peut-être découvrirez-vous que votre utilisation est parfaitement raisonnable.
  • Peut-être constaterez-vous que certaines applications occupent plus de place que prévu.

Dans les deux cas, vous aurez appris quelque chose.

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En conclusion


En matière d'organisation personnelle, la connaissance de ses propres habitudes reste souvent plus utile qu'une nouvelle méthode miraculeuse.

Après tout, il est difficile d'améliorer ce que l'on ne voit pas. 2018 pourrait bien être l'année où nous commençons enfin à voir combien de temps nous passons à regarder nos écrans.

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